Le Nirvana ambré a encore frappé ! (extrait)

Résumé : La toute première enquête du héros… Quand il n’était pas encore Régulateur  ! La Génèse, quoi, c’est-y pas palpitant  ? Des r’mous dans la gelée de groseilles. Y’a aussi une interview de l’auteur, pour expliquer le pourquoi du comment du chose, comment Safon usine pour créer les personnages et les histoires…  Les personnages, parlons-en  ! Un index permet de s’y retrouver, de voir la petite famille à laquelle vous allez vous habituer, à force d’à force.  Et puis, l’historique (et, plus appétissant encore, la recette) du Nirvana Ambré. Faites gaffe de pas trop en écluser, c’est du sévère, hein, le Nirvana Ambré. Et puis y’a quoi, encore  ? Je sais plus, tiens, z’avez qu’à l’acheter, quoi, enfin  !

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***

— Ah, bordel, Safon, cette fille me fait trop bander, il me la faut ! s’écria Contordot (Môssieur Contordot, si ça ne vous fait rien) en m’exhibant la page 27 du catalogue des fournitures Rubatex sur laquelle un mannequin à l’allure avenante présentait à la fois un tapis anti-électrostatique et des jambes qui auraient collé le vertige à Gaston Rébuffat (surtout les jambes, d’ailleurs).

Le grand patron s’entichait parfois d’une jeunesse, ça lui était paraît-il arrivé plusieurs fois, au grand regret de sa femme (la directrice), de sa fille (la comptable), de son fils (responsable du matériel) et de son gendre (responsable des ventes).

Personne n’aurait osé élever le ton, évidemment, même lorsqu’il calçait bruyamment dans son bureau l’éphémère secrétaire de direction qu’il s’était recruté avant de la gerber sans préavis à la fin de sa période d’essai, ou lorsqu’il disparaissait au Bois toute une demi-journée et revenait avec des chandelles de foutre plein le devant du calbute.

Mais généralement, non seulement il ne jetait pas son dévolu sur des images de catalogues, mais en plus, il évitait de faire en sorte que son personnel « non familial » soit mêlé à ses histoires de fesses.

Mais là, pour le coup, ça concernait l’informatique, et je me trouvais par le fait aux premières loges.

Le dabe n’avait pas résisté au désir de me perturber dans ma programmation pour me confier son émoi devant le corps splendide de cette gentille blondinette certes pas trop mal faite, mais dont j’imaginais sans peine la réaction si elle avait su comment le dirluche la considérait. Elle lui aurait probablement cloué le bec d’une mornifle à grand spectacle.

— Faut me la retrouver, Safon, c’est pas Dieu croyable qu’une fille comme ça fasse les catalogues merdiques.

Il avait sans doute mieux à lui proposer, bien sûr, comme de se faire enfiler dans l’atelier poussiéreux d’un fabricant de joints de sanitaires.

— Ça doit pas être bien compliqué, pour vous, Safon, de savoir qui c’est, hein, Safon, vous allez bien me faire ça, quoi, sortez un peu de votre chrysalide, quoi, Safon ! Ne soyez pas si étriqué ! Vivez au rythme de votre société, bordel ! Prenez la place qui vous est due, quoi, merde ! Bougez-vous le cul et retrouvez-moi cette salope ! Non, je garde le catalogue, vous n’aurez qu’à en demander un autre, ça vous fera une excellente entrée en matière.

Et je m’étais retrouvé le bec dans l’eau, devant la porte du boss, sous le regard interrogatif et bovin de Melle Huguette, la nouvelle secrétaire de direction, recrutée par Mme Contordot elle-même, cette fois.

Du coup, j’avais plié mes gaules et j’avais décidé d’aller écluser un gorgeon au bistrot d’en face.

C’était quand même une drôle de mission, et il fallait avoir le cigare complètement enfumé pour me l’avoir confiée.

Qu’est-ce que j’y pouvais, moi, que la fille de la page 27 du catalogue Rubatex l’excite, ce gros con ? Quel rapport avec ma fonction d’informaticien ?

Plus j’avançais dans mon raisonnement et dans ma bière, et plus je me disais que ce vieux connard avait pété les plombs, mais qu’il convenait quand même de s’affranchir de cette délicate mission.

C’était peut-être, après tout, une épreuve ? Peut-être voulait-il tester ma fidélité à son service ? Ma débrouillardise ? Ma motivation ?

Il ne fallait pas hésiter, et donner à ce sale gros porc ce qu’il voulait.

Je retournai dans mon bureau, téléphonai au service Publications de chez Rubatex, appris que les modèles venaient de l’agence Starmax, interrogeai le Minitel pour en connaître le numéro et les appelai pour leur dire que je souhaitais connaître les tarifs du mannequin page 27 du catalogue Rubatex.

Le dabe me vit me repointer avec satisfaction. Il avait toujours le catalogue en main et l’air un peu sous pression (probablement le stress du chef d’entreprise).

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